Bilan du Service Minimum d’Accueil

Jeudi 16 octobre, la grève dans les écoles maternelles et primaires parisiennes a été considérablement suivie : 34.36% des enseignants ont fait grève, selon les chiffres du rectorat.

Le service d’accueil a dû être mis en place dans 310 écoles, soit 47% des écoles parisiennes. Au total seuls 13 000 enfants ont pu être accueillis, les personnels d’animation de la Ville ayant eux-mêmes répondu massivement au préavis déposé par leurs propres organisations syndicales.

L’accueil a été organisé dans des conditions non satisfaisantes alors même que de nombreux parents avaient entendu l’appel de notre collectivité de ne pas envoyer leurs enfants à l’école :

  • dans 3 écoles, le service d’accueil n’a pas pu être assuré par manque de personnels qualifiés disponibles ;
  • le nombre d’agents municipaux mobilisés aujourd’hui n’a pas permis d’atteindre, dans toutes les écoles et tout au long de la journée, le ratio d’un agent pour 15 élèves accueillis ;
  • la Ville de Paris a été contrainte de faire appel à certains personnels effectuant habituellement des tâches administratives ;
  • dans certains établissements, des parents ayant accompagné leur enfant le matin n’ont pu les laisser à l’école, le nombre d’animateurs présents étant insuffisant ;
  • par ailleurs dans les 310 écoles concernées, la qualité du service de cantine a été altérée car ce sont les mêmes personnels qui assuraient le SMA et l’encadrement le midi.

La mise en oeuvre du SMA révèle une faille récurrente qui, dans les faits, empêche les collectivités d’assumer la responsabilité qui leur a été transférée : on ne peut pas organiser un service d’accueil pour les enfants dans potentiellement 660 écoles quand on ne connaît précisément ni le nombre d’enseignants effectivement en grève, ni le nombre d’animateurs réellement mobilisables en cas de grève au sein des personnels de la Ville, ni enfin le nombre d’enfants à accueillir. Autant de facteurs qui confirment les fragilités de ce dispositif gouvernemental.

Pour toutes ces raisons, et dans de telles conditions, il est impossible d’organiser l’accueil des enfants dans des conditions de sécurité maîtrisées.

Or, une nouvelle grève des fonctions publiques, la troisième en trois semaines, est prévue le 23 octobre, bien sûr chez les enseignants, mais également, une fois de plus, au sein du personnel municipal indispensable à la mise en place du SMA.

En dépit des réserves de fond que l’initiative gouvernementale suscitait, la Ville de Paris a tout mis en oeuvre, à l’occasion des mouvements des 7 et 16 octobre, dans un esprit républicain, pour appliquer la loi.

Il est maintenant établi que le SMA ne peut pas être mis en oeuvre dans des conditions maîtrisées et dans un cadre assurant strictement la sécurité des enfants, ce qui constitue notre responsabilité première.

La Ville de Paris refuse de faire courir le moindre risque aux élèves de la capitale et n’appliquera donc pas le SMA, lors des prochains mouvements de grève dans l’éducation nationale à Paris.  

2 Réponses à “Bilan du Service Minimum d’Accueil”


  • Belle démagogie une fois de plus!!!! C’est bien le tribunal administrative qui vient de rappeler à la loi le Maire de Paris. Entre nous, quitte à faire de la politique politicienne sur le dos des familles et viser l’aile gauche du PS au congrès autant le dire. Un maire qui se dit incapable d’organiser l’accueil des enfants alors qu’il est au terme de la loi responsable des écoles cela fait peur… S’il ne sait pas faire qu’il démissionne. Ce n’est pas le seul domaine ou son départ permettra d’améliorer la vie des parisiens et la démocratie à Paris: propreté, représentativité syndicale,… sans parler d’enrayer la gabegie financière qui commence à nous couter très chère!!!

  • Je vois que Résitance 17 affiche toujours le même courage que d’habitude, il a décidé de vivre dans la clandestinité et l’anonymat… Voici ma réponse à son commentaire :

    Saisi par l’Etat, le tribunal administratif de Paris a prononcé, dans l’attente de son jugement au fond, la suspension de la décision de la Ville de Paris de ne pas organiser de service minimum d’accueil lors des prochaines journées de grèves au sein de l’Education nationale. Le juge n’a cependant pas prononcé de mesures enjoignant à la Ville de mettre en œuvre le SMA lors de la journée de demain.

    La Ville a décidé de se pourvoir en appel contre cette décision, même provisoire, considérant que les modalités de mise en œuvre de cette loi ne permettent pas aux communes d’en faire application dans des conditions compatibles avec l’impératif de sécurité des enfants accueillis. Ce constat est d’ailleurs partagé par de nombreuses autres collectivités, ainsi que par les associations nationales de maires (AMF et AMGVF).

    Rappelons que cette décision prise en responsabilité par la Ville n’a pas procédé d’une position de principe a priori mais bien du bilan que nous avons tiré de deux premières journées de grève dans l’Education nationale, les 7 et 13 octobre dernier.

    Ainsi, jeudi 13 octobre, pour pouvoir accueillir 54 000 élèves dans 310 écoles, la Ville aurait dû normalement mobiliser, en moins de 48 heures, 3640 animateurs, ce qui n’était pas possible. Ainsi, la Ville n’a pu déployer que le tiers des agents nécessaire (1230 agents). Cette situation aurait pu se traduire par de graves risques en termes d’encadrement et de sécurité des enfants, si la Ville n’avait pas appelé les familles à ne pas faire usage du SMA et à garder leurs enfants à la maison.

    Il n’est pas possible que l’Etat se défausse ainsi sur les collectivités de l’organisation d’un service d’accueil à si vaste échelle, dans des délais aussi brefs et sans pouvoir maîtriser précisément le nombre d’enseignants réellement en grève, le nombre d’enfants accueillis et le nombre d’agents municipaux disponibles.

    En attendant que le jugement en appel soit rendu, la Ville continuera de placer la sécurité des enfants au-dessus de toute autre considération.

    Il est enfin remarquable d’observer la diligence avec laquelle l’Etat a déféré la décision de la Ville de Paris – et celle-là seule alors même que de nombreuses autres grandes villes françaises ont agi de la même manière et pour les mêmes raisons.

    Cette « réactivité » contraste spectaculairement avec son indifférence permanente face au refus de nombreuses communes, essentiellement UMP, de respecter leurs obligations légales dans le domaine du logement social (loi SRU).

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