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Commerçant rue de Levis : l’heure est à l’apaisement et aux solutions constructives

Le 17 janvier dernier, un commerçant ambulant de la rue de Levis est l’objet d’un contrôle de police. Il n’a pas d’autorisation administrative : ses marchandises sont saisies et il lui est signifié qu’il ne doit plus exercer sous peine que son camion soit également saisi.

Exerçant son activité dans la rue de Levis depuis 13 ans, certes sans autorisation, il bénéficiait – comme il est parfois l’usage – d’une tolérance vis-à-vis de son activité. Après une interruption de plusieurs années, en avril 2004, il demande à nouveau une autorisation d’exercer à cet endroit, et renouvelle sa demande chaque année. Il est donc sur la liste d’attente des demandeurs, et même plutôt en bonne place. Et puis arrive le 17 janvier où tout bascule sans prévenir.

Le 29 janvier, il décide de se mettre en grève de la faim pour alerter sur sa situation et sur l’absolue nécessité qu’il a de poursuivre ses activités pour faire vivre sa famille.

Alors que s’est-il passé ?  Pourquoi la tolérance dont il faisait l’objet disparaît ce 17 janvier ? La ville de Paris n’a pas demandé de procédure à l’encontre du commerçant. Elle connaît sa situation. Certes, la police est parfaitement habilitée à procéder à ces contrôles et à exiger le départ des commerçants qui ne sont pas en règle. Mais pourquoi maintenant ?

Monsieur Geoffroy Boulard, adjoint au Maire du 17e, chargé du Commerce, de l’Artisanat et de l’Attractivité économique, déclare sur son blog à la date du 4 février, qu’il a été alerté le 11 janvier des difficultés du commerçant, et qu’il soutient le commerçant. Or il se trouve que le 26 janvier, lors du conseil d’arrondissement, c’est Monsieur Geoffroy Boulard, lui-même, qui a présenté un voeu de la majorité du 17e demandant à la Ville de Paris d’agir contre les commerçants exerçant leurs activités sans autorisation, notamment dans la rue de Levis.

Voeu relatif à la présence de vendeurs à la sauvette
aux abords des stations de métro Pereire, Villiers, Ternes et plus particulièrement les samedis dans les rues Guersant, Lévis, Poncelet, et Lebon.

Considérant la présence de plus en plus fréquente et systématique de vendeurs à la sauvette en fin de journée aux abords des stations de métro Pereire, Villiers, Ternes et plus particulièrement les samedis dans les rues Guersant, Lévis, Poncelet, et occasionnellement rue Lebon.

Considérant que les ventes à la sauvette représentent une concurrence sauvage qui nuit au développement des commerces et entreprises légalement installés en détournant les flux d’achat, et entraînant ainsi une diminution de leur chiffre d’affaire

Considérant l’état dans lequel les vendeurs à la sauvette laissent parfois le domaine public, au mépris des règles alimentaires d’hygiène et de santé publique.

Considérant que ces installations sauvages sur la voirie restreignent le passage (celui de piétons sur les trottoirs et celui des véhicules, dont ceux d’urgence, sur les chaussées) et créent des obstacles à la libre circulation de tous.

Brigitte Kuster, Catherine Dumas, Laurence Douvin, Fabienne Gasnier, Geoffroy Boulard, Jean-François Divry, et les élus de la majorité municipale émettent le voeu que le Maire de Paris mette en place, en lien avec la Préfecture de Police et les services de la Ville concernés, principalement la Direction de l’Urbanisme, un véritable plan de lutte contre ce phénomène organisé :

- en recensant les ventes sauvages dans l’arrondissement,
- en multipliant les opérations tendant à les limiter,
- en informant des résultats obtenus et actions engagées, les élus d’arrondissement

Très surpris de ce voeu, les élus de Gauche ont voté contre. En effet, il ne nous semblait pas pertinent de demander au Maire de Paris de « multiplier les opérations tendant à limiter les ventes à la sauvette » alors même qu’il ne s’agit pas d’une de ses compétences, mais de celle de la préfecture de police. Par ailleurs, entre nous, nous nous interrogions sur l’ampleur du phénomène censée justifier des mesures d’une telle envergure.

La majorité municipale du 17e ayant adopté seule ce voeu en conseil d’arrondissement, Brigitte Kuster, Catherine Dumas et Laurence Douvin ont présenté le même voeu en conseil de Paris des 2 et 3 février : Commerçant rue de Levis : l'heure est à l'apaisement et aux solutions constructives dans Mandat d'élu pdf Voeu de Brigitte Kuster, Catherine Dumas et Laurence Douvin

Georges Sarre, adjoint au Maire de Paris chargé de la Sécurité et de la Prévention, leur a répondu par un avis négatif expliquant que la partie « répressive » n’était pas de sa compétence, et surtout qu’il fallait avoir un traitement humain des situations difficiles, car derrière l’exercice d’activités sans autorisation, il y a des personnes en situation souvent précaire, ayant besoin d’exercer leur activité. La seule répression ne peut être une solution. Des actions sur le long terme basées sur le dialogue et la recherche de solutions alternatives sont souvent plus adaptées en cas de problème.

Toujours est-il que dans le cas du commerçant de la rue de Levis, nous ne serons pas ce qui a conduit à l’intervention du 17 janvier, et si ce voeu y était lié, mais la coïncidence est là.

De son côté, alertée, la ville de Paris a pris très au sérieux la grève de la faim du commerçant et lui a fait des propositions pour exercer son activité en tant que « commerçant volant » sur des marchés non couverts, et lui accorder les autorisations correspondantes. Je suis moi-même allée le voir après lui avoir fait remettre mes coordonnées téléphoniques, et nous avons échangé longuement. Je lui ai  exprimé notre soutien tout en l’engageant vivement à arrêter sa grève de la faim, notamment parce qu’elle mettait en danger sa santé, et que de ce fait, cette solution extrême n’était pas adaptée. Je suis heureuse aujourd’hui qu’il ait fait le choix de lever sa grève de la faim et d’accepter les propositions de la Ville en attendant que suffisamment d’emplacements se libèrent pour qu’il puisse obtenir une autorisation sur un emplacement fixe.

En outre, il faut savoir que la Ville avait d’ores et déjà engagé une procédure et une étude pour l’amélioration de la gestion administrative des emplacements pour le commerce ambulant.

En conclusion, je me félicite que chacun ait pris la juste mesure des choses, et après cet épisode difficile, je suis encore plus convaincue que la gestion du commerce ambulant et des « ventes à la sauvette » mérite mieux que des mesures draconiennes et souvent incomprises.

1 Réponse à “Commerçant rue de Levis : l’heure est à l’apaisement et aux solutions constructives”


  • Merci Isabelle pour cet éclairage.

    Je profite de ce commentaire pour te féliciter du travail que tu fais sur ce blog et qu’il est pour nous, habitant du 17ème, un site incontournable pour se renseigner sur la vie de notre arrondissement et de notre ville.

    Céline

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