Au sujet des phénomènes de bandes

Communiqué de Georges Sarre au sujet des phénomènes de bandes

Le Président de la République apporte aux phénomènes de bandes des réponses Canada Dry : ça a l’apparence d’une politique de sécurité, mais ce n’est pas une politique de sécurité. En particulier, le nouveau délit de « participation en connaissance de cause à un groupement, même formé de façon temporaire » est redondant par rapport à l’actuel délit « d’association de malfaiteurs ». Quant aux violences en groupe, « en réunion » ou en « bandes organisées », elles sont déjà des circonstances aggravantes.

Il existe une réalité des phénomènes de bandes, qui, sans être nouvelle, est effectivement croissante, notamment en Ile-de-France. Elle s’inscrit dans un contexte de crise économique et sociale, de crise nationale et civique, de crise de l’autorité et de la parentalité…

Cette réalité appelle des actes et non des paroles, fussent-elles présidentielles :

  • Il faut agir : partager l’information en temps réel, entre acteurs de la prévention : Education nationale, municipalités, organismes de prévention spécialisée, police, justice ;
  • Il faut agir : lutter efficacement contre l’absentéisme chronique à l’école, la déscolarisation, et plus globalement l’échec scolaire, grâce à une mobilisation accrue de l’administration de l’Education nationale et à l’ouverture d’établissements spécialisés ;
  • Il faut agir : renforcer la présence policière au plus proche du terrain ;
  • Il faut agir : lutter contre la récidive, en renforçant la qualité de la réponse judiciaire, grâce au recrutement de magistrats et d’éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), au développement des alternatives à la peine et à l’incarcération, et au renforcement des moyens des services pénitentiaires afin d’exécuter plus vite les peines et de mieux préparer les détenus à la sortie de prison…

A Paris, le Contrat Parisien de Sécurité signé le 3 mars dernier prévoit une réponse globale et coordonnée aux phénomènes des bandes.
Mais :

 

  • De quels moyens disposeront les acteurs de la sécurité, quand on voit, notamment, le sous-effectif chronique du tribunal pour enfants de Paris, de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) ?
  • Pourra-t-on maintenir et renforcer une police urbaine de proximité à Paris quand la revue générale des politiques publiques (RGPP) prévoit à l’échelle nationale la suppression de 18.000 policiers ?
  • Quels moyens les collectivités pourront-elles consacrer à la prévention quand l’Etat étrangle leur budget en n’attribuant pas les financements des politiques décentralisées (l’Etat doit ainsi 300 millions d’euros en 2009 à la Ville et au département de Paris) ?

Il y aurait bien des chantiers pour une action gouvernementale audacieuse et volontariste contre l’insécurité, et notamment les phénomènes de bandes. Mais le Président de la République, plutôt que de faire le choix de l’action, préfère la surenchère dans la communication, le bavardage et la gesticulation juridiques. Dans ces conditions, on peut craindre que les statistiques des violences aux personnes, notamment non crapuleuses, se dégraderont encore au cours des prochains mois, comme elles ne cessent de se dégrader depuis que Nicolas Sarkozy a des responsabilités en matière de sécurité intérieure.

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