Rencontre avec le collectif des sans-papiers du 17e

Jeudi soir dernier, j’avais rendez-vous avec Ly, président du Collectif des Sans-Papiers du 17e. Créé il y a trois mois, ce collectif réunit des sans-papiers du 17e arrondissement, de Paris et même d’autres départements. Désarmés, isolés face à une politique agressive et injuste de reconduite massive à la frontière, ils ont décidé de s’unir pour affronter ensemble les difficultés et brimades croissantes, et désormais quotidiennes qu’ils subissent.

A titre personnel, je ne suis pas pour la régularisation massive des sans-papiers. Je l’assume et je l’ai dit à LY. Je pense que si la France peut et doit accueillir en son sein de nouveaux arrivants, il est nécessaire de fixer des limites et des règles à la résidence légale en France. Celles-ci doivent être justes, transparentes et équitables pour tous. Le cas par cas ne peut pas être une politique à la tête du client ou plutôt une politique discriminatoire s’appliquant au plus faible et au plus isolé. Je crois qu’il est légitime de la part des immigrés de rechercher une vie meilleure, et je suis fière de penser qu’ils choisissent la France pour ce qu’elle porte de juste et d’humain dans son histoire. Je pense comme Michel Rocard en son temps que si « la France ne peut accueillir toute la misère du monde, elle peut en accueillir sa part », et je le redis, elle le doit. Pour ceux qu’elle ne peut accueillir, le délit d’irrégularité ne peut être assimilé à un crime et les auteurs des délits, considérés, et pire, traités comme des criminels. Si la France ne peut les accueillir, elle doit mettre en place des procédures, des formations leur permettant de retourner dans leur pays d’origine, à supposer qu’il n’y ait pas de danger pour leur vie et leur intégrité intellectuelle, avec des savoir-faire et des connaissances leur permettant non seulement de s’en sortir, mais aussi de contribuer au développement économique et social de leur pays d’origine. Je crois en effet que c’est aussi en aidant les pays d’origine que nous limiterons l’émigration forcée de ces personnes qui, finalement, ne veulent rien d’autre que leur part de rêve et de qualité de vie. Et nous aiderons les pays d’origine non seulement par des aides au développement, mais aussi par des aides directes aux individus. J’en suis convaincue.

En attendant des temps meilleurs, je suis farouchement opposée à la politique actuelle du gouvernement en la matière. Je ne reconnais pas dans celle-ci les valeurs républicaines auxquelles je crois.

J’entends les récits quotidiens d’humiliations, de peurs, de sentiments d’injustice. Je les crois. Je les sais. C’est pourquoi aujourd’hui, j’apporte mon soutien le plus total à ce collectif d’hommes et de femmes de nos quartiers et d’ailleurs qui souhaitent être reconnus pour ce qu’ils sont : des êtres humains qui ne demandent rien d’autre que de vivre dans la dignité. Voici leur texte :

sanspapiers.jpg

 

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