Travail le dimanche : une loi idéologique et sectaire

Après le « travailler plus pour gagner plus, le gouvernement a fait pression sur les députés et les sénateurs pour faire adopter une proposition de loi tendant à généraliser le travail dominical. Malgré son acharnement, le texte n’a obtenu qu’une courte majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Et pour cause…

Le gouvernement prétend que cela améliorera les revenus des salariés, Monsieur Sarkozy ayant annoncé un temps qu’ils seraient payés doubles.

C’est totalement faux.

Dans l’immense majorité des cas de travail du dimanche, à savoir les zones touristiques et thermales, il n’y aura aucune valorisation salariale, aucune amélioration. Dans les périmètres d’usage de consommation exceptionnelle (Puce), nouvellement créés, là où existent déjà des accords de branche, ce seront eux qui fixeront les règles… Si rien n’est prévu pour le doublement, rien ne changera… C’est valable ainsi pour les magasins de meubles, les jardineries… C’est donc les seules branches où n’existent pas de tels accords, qu’une telle rémunération double pourra s’appliquer. En clair, cette loi met à mal l’égalité des citoyens devant la loi . Dans les Puces, on pourra être payés du simple au double, le double bénéficiant à une infime minorité de salariés. D’ailleurs, le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti  le dit lui-même : « On ne peut pas étendre ce doublement de salaire à l’ensemble de la France sinon on va mettre les entreprises en danger »…

 

Il parait également que cette loi serait bonne pour l’économie et pour l’emploi… ou le travailler plus pour consommer plus…

Faux encore…

Le CREDOC a réalisé une enquête qui a aboutit au constat que la généralisation du travail le dimanche profiterait davantage aux commerces intégrés (chaînes de distribution, franchisés…) qu’aux petits commerces, même si heureusement la grande distribution a été exclue du dispositif bénéficiant d’ores et déjà de 5 dimanches par an. En termes d’emploi, cela se traduira par la création d’emplois au sein des réseaux de distribution, mais surtout par une suppression d’emplois au sein de la distribution traditionnelle et du commerce de proximité. Monsieur Maillé lui-même a reconnu que la mesure ne créera aucun emploi…

D’autant que les postes ouverts le dimanche seront vraisemblablement compensés par des baisses en semaine, par des temps partiels ou par l’embauche d’étudiants que l’on pourra allègrement payer au lance-pierre… En conclusion, la masse salariale n’augmentera pas, et donc pour le pouvoir d’achat, on repassera.

D’ailleurs, qui peut croire que cette mesure inciterait les consommateurs à dépenser plus ? Cela permettrait à quelques uns de différer dans le temps des achats qu’ils faisaient d’ordinaire en semaine. Il n’y a aucune raison d’imaginer qu’ils dépenseraient plus alors que leur pouvoir d’achat stagne, voire régresse… qu’ils iraient puiser dans leur épargne pour dépenser plus. Sans compter que la mesure risque de provoquer une hausse des prix, l’ouverture le dimanche induisant des coûts supplémentaires en termes d’approvisionnement et de salaires…

Conclusion : cette mesure n’a aucune justification économique.


Le gouvernement prétend que le travail du dimanche se fera sur la seule base du volontariat…

Mensonger et cynique…

Qui oserait dire aujourd’hui que le temps partiel ou les horaires décalés ne sont pas subis ? L’employé est dans une relation de subordination avec son employeur. Le travail du dimanche sera imposé au salarié de la même manière. Outre la peur du chômage, la nécessité de gagner sa vie et celle de sa famille, le salarié sera confronté à la politique de son employeur en matière de primes, d’augmentations et de promotions. Le texte aura beau affirmer le volontariat, celui-ci sera forcé dans les faits. En outre, comment croire qu’un employeur  ne discriminera pas un candidat à l’embauche « non volontaire pour travailler le dimanche »… ? Il trouvera bien un quelconque motif autre pour rejeter la candidature des salariés non volontaires. D’ailleurs, au final, ceux-ci s’auto-élimineront en ne postulant pas…  ou quand la loi est hypocrite…

Par ailleurs, cette loi tend à affaiblir encore le droit du travail, et à grignoter le droit au repos du travailleur. Le repos hebdomadaire dominical a été rendu obligatoire par la loi du 13 juillet 1906 pour les employés et ses ouvriers. Le code du travail interdit d’occuper plus de six jours par semaine un même salarié, il affirme que ce repos doit avoir une durée minimale de 24 heures consécutives auxquelles s’ajoutent les 11 heures de repos quotidien et qu’il doit être donné le dimanche. Par ailleurs, cette loi remet en cause le droit de mener une vie familiale normale. Car travailler le dimanche, cela veut aussi dire passer moins de temps avec sa famille et ses amis.

Conclusion : cette mesure n’a aucune justification sociale.

Selon le  gouvernement, cette loi permettra de mieux adapter l’activité économique aux « transformations sociétales et culturelles de la société »

Il s’agirait donc d’améliorer notre cadre de vie… « Pouvoir faire nos achats quand bon nous semble » serait donc un « gain hédonique » et une augmentation de notre bien-être… Quelle fumisterie !!! Comment croire qu’acheter serait émancipateur ! D’ailleurs, pour ceux qui ne pourraient acheter faute de moyen, ce serait plutôt frustrateur…

Toute la philosophie néolibérale résumée à cette formule :  « Je consomme donc je suis.. »

La culture, la vie de famille, les amis, les loisirs, l’intimité, et même la spiritualité réduits à un acte de consommation… Tout s’achète, donc tout se vend… même « votre temps de cerveau humain disponible est vendu à Coca-Cola… » Quelle misère…

Conclusion : cette mesure n’a aucune justification sociétale.

Enfin, pour Paris, l’UMP a trouvé une nouvelle manoeuvre pour affaiblir sa représentation démocratique. Précédemment, la ville de Paris pouvait comme toutes les autres villes françaises décider ou pas de la création d’une zone touristique nouvelle. Cette décision se prenait sur proposition du conseil municipal. La loi prévoit que seuls les Parisiens et leurs représentants ne pourront plus exercer ce droit. Le Préfet du gouvernement décidera seul de la création d’une zone touristique nouvelle…

Pour toutes ces raisons, les députés et les sénateurs socialistes ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel (http://www.liberation.frpolitiques/0101580756-le-travail-dominical-va-etre-generalise) pour que soit rétabli le principe d’égalité entre les citoyens, et entre les communes.

Je m’en félicite.

Travail le dimanche : une loi idéologique et sectaire dans Mandat d'élu pdf Etude du CREDOC sur le travail dominical

0 Réponses à “Travail le dimanche : une loi idéologique et sectaire”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




Amours mauvaises |
Gueyo, dynamique de dévelop... |
Camp Laïque |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Duque / Duc / Duke --- Dom ...
| ennaji
| PANDA