Ce fut un conseil mémorable que celui du 21 septembre. La majorité municipale a fait assaut de mauvaise foi sur de nombreux dossiers, et Madame la Maire s’est montrée particulièrement violente et peu encline à laisser le débat démocratique s’installer, limitant la parole de l’opposition, et surtout refusant de présenter en conseil notre voeu sur la privatisation de la poste et la votation citoyenne du 3 octobre (
v6voeupostecdpsept09.pdf).
Elle a prétendu que ce sujet ne concernait pas notre arrondissement, refusant d’entendre nos arguments sur le fait que dans le 17ème arrondissement, chaque bureau de poste est d’ores et déjà affecté par 2 à 4 suppressions d’emplois en 2009 : 2 à Debussy, 3 pour l’Avenue de la Grande-Armée, 3 à Brochant, et que le nombre d’agents effectuant la distribution va passer de 307 à 270… Madame m’a personnellement menacée de me faire quitter la salle du conseil si je ne me taisais pas sur ce sujet. Oui, vraiment, une fois de plus, nous avons pu admirer son grand sang froid, son sens de l’équité et de la démocratie, et sa parfaite élégance.
Le projet Clichy-Batignolles
Lors de ce conseil, nous avons beaucoup parlé une fois de plus du grand projet de Bertrand Delanoë, l’aménagement des terrains Cardinet. En effet, nous avons voté la
délibération DU-2009-208 par lequel le Maire de Paris est autorisé à signer le projet de protocole d’accord avec l’Etat visant à définir les conditions dans lesquelles le projet d’implantation de la Cité Judiciaire et de la Direction Régionale de la Police Judiciaire de Paris s’inscrit au sein de l’opération globale d’aménagement de la ZAC Clichy Batignolles.
Il est important de noter que Bertrand Delanöe a réussi à obtenir de l’Etat que la Ville de Paris soit associée à toutes les étapes du projet de TGI. Par ailleurs, ce projet devra respecter les objectifs du Plan Climat. Il s’agit d’une attente forte des habitants et des associations du quartier et j’espère que l’Etat tiendra ses engagements en l a matière. En réponse à l’une de mes questions sur l’engagement de l’Etat en matière d’environnement, Madame le Maire a affirmé que l’Etat allait construire le bâtiment du TGI permettant d’atteindre des objectifs de bâtiment à Energie positive (c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il en consommera…) et qu’elle avait vu les responsables de l’immobilier qui gèrent tout ce qui est investissement au niveau du Ministère de la Justice qui le lui avaient garanti. Notons donc bien cette affirmation de Madame le Maire ; nous serons vigilants à ce qu’elle soit bel et bien suivie des faits…
Le maire de Paris a de son côté obtenu la parole de l’Etat pour que celui-ci s’engage financièrement en matière de transports en commun, pour le prolongement de la ligne 14, mais aussi pour l’extension du tramway. Il faut dire que jusqu’à présent, l’Etat avait refusé toute participation. Là aussi, je m’en réjouis mais j’attends de connaître les montants exacts que l’Etat voudra bien mettre sur la ligne 14 et sur le tramway, et surtout si les montants qui seront annoncés seront effectivement transformés en espèces trébuchantes. Nous avons été échaudés plusieurs fois en la matière… notamment pour la couverture du périphériques.
Enfin, l’Etat devrait participer au reste du coût d’équipement de la ZAC à hauteur de 65 millions d’euros et surtout, Bertrand Delanoë a obtenu que l’Etat s’engage à compenser la perte en construction de logements que ce projet entraîne, et ce, afin de respecter les objectifs de création de logement voulus par le Maire de Paris.
La majorité municipale du 17e a profité de cette délibération pour déposer ses habituels voeux stériles. Ainsi, ils ont présenté un vœu demandant que la Ville de Paris s’assure qu’un parking de dimension suffisante soit construit pour faciliter l’accès à la Cité judiciaire et à la Police judiciaire au public et aux salariés… Or, il se trouve que la délibération précise bien que « l’Etat étudie en outre la nécessité de réaliser un parking à destination du public fréquentant la Cité judiciaire et pour ces différents projets, les parties sont convenues de chercher d’un commun accord des modalités financières de réalisation n’entraînant pas de charges supplémentaires pour la Ville de Paris ou l’aménageur ».J’ai demandé à Madame le Maire si elle souhaitait en fait que le Maire de Paris s’assure que l’Etat réalise bien ce parking… ridicule !
Autre voeu déposé par la droite du 17e, celui demandant qu’il soit envisagé, après évaluation des besoins, la réservation de logements sur les terrains Clichy-Batignolles pour les personnes étant amenées à travailler au Tribunal de Grande Instance ou dans les locaux de la Police judiciaire. Or il se trouve que, sur 100 logements sociaux réalisés sur la ZAC, il y en a 30 qui sont réservés pour le Préfet dont 25 pour les démunis et 5 pour les agents de l’Etat, les personnels du futur TGI pourraient être éligibles sur ce quota. Ensuite, 50 sont réservés à la Ville de Paris et attribués conformément aux règles de priorité, procédures définies par le Maire en 2001 et 20 sont réservés aux collecteurs du 1% logement ou aux Ministères moyennant finances spécifiques. Rien n’interdit donc au Ministère de la Justice de faire des réservations pour loger ses agents. Une fois de plus, la droite du 17e essaye visiblement d’éviter que certaines catégories de personnes puissent bénéficier de logement dans le 17e. Par ailleurs, 5 850 demandeurs sont en attente de logements dans le 17e, et la droite du 17e semble vouloir ignorer que les habitants du 17e ont tout autant droit au logement social que le personnel du TGI. Enfin, il serait parfaitement illégal pour la Ville de rajouter des critères spécifiques et préférentiels pour les personnes travaillant au TGI par rapport aux autres demandeurs… Espérons que la commission Logement du 17e ne fera pas de son côté cette discrimination « positive » au détriment des demandeurs du 17e…
Toujours sur le sujet des terrains Cardinet, nous avons voté une délibération pour définir les nouvelles conditions de réalisation des travaux de construction du parc Cardinet qui devra malheureusement se faire à ciel ouvert, contrairement à ce qui était prévu au départ. Il se trouve en effet que les derniers sondages de sol réalisés ont fait apparaître une pollution des sols
qui a conduit les services de l’Inspection du travail à estimer que la méthodologie de travail en taupe, plutôt qu’à ciel ouvert, s’avèrerait particulièrement difficile à mettre en œuvre pour répondre aux exigences du code du travail en matière de respect des principes généraux de prévention des risques et qu’il convenait par conséquent de privilégier la méthodologie de terrassement à ciel ouvert.
Naturellement, le concessionnaire devra prendre toutes les mesures appropriées pour réduire les nuisances sonores et tenir compte de la nécessité de maintenir la desserte des propriétés riveraines, les activités commerciales de la rue et la circulation pendant les travaux. Le délai global d’exécution des travaux de construction sera réduit à 19 mois au lieu des 24 mois initialement prévus. Cette nouvelle méthodologie de chantier est susceptible de générer des économies sur le poste gros œuvre. Le concessionnaire prendra à sa charge les coûts supplémentaires liés à la gestion et au traitement des terres polluées, et à la mise en place d’une palissade de chantier. Ce changement de programme n’entraînera pas de surcoût pour la ville, ce qui n’a pas empêché la droite du 17e de déposer un voeu demandant une enquête administrative pour « apprécier les conséquences réelles de cet état de fait »… Là encore, on frôle le ridicule.
Ils ont quand même voté la délibération qui permettra la réalisation d’un parc de stationnement résidentiel qui comportera environ 609 places réparties sur 6 niveaux avec des ascenseurs. Toutefois, Madame le Maire s’est plainte de n’avoir pas été avertie assez tôt de ces modifications, alors que le cabinet d’Annick Lepetit a appelé son cabinet dès qu’elle a eu connaissance des faits, le 8 septembre, et a organisé une réunion dès le 14 à laquelle le premier adjoint de Madame le Maire a assisté. Le message ne lui aurait pas été transmis…
Dernier voeu stérile de la droite sur les terrains Clichy-Batignolles, celui demandant qu’un comité de porte pour la Porte de Clichy soit créé par la Ville permettant de traiter ensemble les projets en cours relatifs à la ZAC Clichy-Batignolles et la ZAC Entrée de Ville de Clichy La Garenne.
J’ai demandé à Madame le Maire de bien vouloir retirer ce voeu car un Comité de Porte est une instance assez lourde et peu mobilisatrice, et qu’il valait mieux mettre en place une concertation plus efficace. En effet, la Ville de Paris a d’ores et déjà lancé la concertation sur tous les aspects du projet Clichy-Batignolles ; différents ateliers existent déjà, auxquels sont pleinement associés la Mairie de Clichy la Garenne ainsi que les conseils de quartier clichois. Monsieur Gilles Cathoire, maire de Clichy, était d’ailleurs à la réunion de lancement de la concertation du 8 avril dernier. La ville a en outre organisé le 27 juin dernier une journée portes ouvertes qui a rencontré un véritable succès auprès des Parisiens et des Clichois. La Ville souhaite poursuivre cette concertation et traiter les problématiques spécifiques de la Porte de Clichy dans ce cadre avec un groupe de travail spécifique. Madame le Maire a refusé ma proposition, et s’est étonnée d’apprendre qu’il y avait eu une journée Portes ouvertes… Pourtant il me semblait bien l’y avoir vu avec une grande partie de ses adjoints…Hallucinations de ma part sans doute… Toujours est-il que la droite du 17e a retiré son voeu en conseil de Paris pour adopter le
voeu de l’exécutif parisien instituant un groupe de travail spécifique dans le cadre du projet Clichy-Batignolles…
Par contre, le voeu de dernière minute déposé par la Maire du 17e sur table était lui particulièrement inquiétant. En effet, ce voeu demandait au Maire de Paris de suspendre tout simplement les projets envisagés sur les terrains Clichy-Batignolles… afin de réinsérer ce projet dans la logique du Grand Paris, de même que la couverture du périphérique et celle des voies ferrées Saint Lazare…et de les confier aux architectes travaillant sur le Grand Paris…
Il semblerait que la droite du 17e essaye de dessaisir la Ville de Paris du projet Clichy-Batignolles et que celui-ci entre dans le giron du Grand Paris et surtout de l’Etat, et qu’ainsi ils puissent défaire tout le projet et les ambitions de Bertrand Delanoë en matière de logements sociaux. Depuis le début du projet, et dès l’accord signé entre le Premier ministre de l’époque (qui est certes en guerre ouverte avec le Président actuel), les élus de droite du 17e n’ont cessé de s’opposer à la construction de logements sociaux sur ces terrains qui remettraient en cause – selon eux – les équilibres électoraux. Ils ont peur, les dernières élections municipales ayant montré un net recul de leur poids dans l’arrondissement. Et ils se moquent totalement de répondre aux besoins des 5850 demandeurs que visiblement, ils ne veulent pas satisfaire…
Mais plus grave encore, cette demande entraînerait le dessaisissement complet des habitants de l’arrondissement sur les projets, mais aussi celui des élus de la Ville de Paris. En effet, le Grand Paris constitue la plus grande régression démocratique puisque les collectivités n’auraient aucun pouvoir sur les décisions prises qui relèveraient uniquement de l’Etat. Ce voeu est honteux et démocratiquement scandaleux. Les Parisiens et les habitants du 17e n’accepteront pas d’être ainsi spoliés… D’autre part, Madame le Maire a un aplomb incroyable quand elle mentionne le financement de la couverture du périphérique ou celle du réseau ferré de Saint-Lazare dans le cadre du Grand Paris, quand l’Etat n’a pas été capable de verser à la Ville ce qu’il lui doit contractuellement pour couvrir notre portion du périphérique.
On attend les chèques donc… Que de promesses faites par la droite du 17e en matière d’engagement financier de l’Etat… Madame le Maire ne cesse de répéter à l’envi qu’elle aurait « l’oreille du Président »… alors espérons qu’elle cesse de mettre des bâtons dans les roues de ce formidable projet, et qu’elle utilise sa formidable influence pour obtenir les chèques de ses promesses…
Ouverture des piscines en soirée
Quelle n’a pas été notre surprise de voir les élus de droite de 17e demander au Maire de Paris qu’en 2010 les piscines soient ouvertes plusieurs soirs par semaine, jusqu’à 22h car l’offre serait insuffisante. Or, il se trouve – et la mairie du 17e est parfaitement informée – qu’il y a eu récemment une étude relative aux fréquentations des nocturnes dans les piscines sur l’ensemble du territoire parisien. Il y a 38 établissements à Paris, dont 37 pratiquent des ouvertures tardives. Cette étude a déterminé en outre que les créneaux du soir représentent 3% des créneaux horaires de ces établissements et uniquement 2% de leur fréquentation. En l’occurrence, l’offre n’est donc pas sous dimensionnée par rapport à la demande. On constate par ailleurs que la tranche horaire 20h-21h accueille 34 772 usagers, la tranche 21h-22h en accueille 4 452 et que celle après 22h, 524 seulement.
Dans le 17ème arrondissement, deux établissements – Bernard Lafay et Champerret – sont concernés. A la piscine Champerret, il y a une ouverture tardive jusqu’à 22h le vendredi. Quant à la piscine Bernard Lafay, il n’y a certes pas d’ouverture aussi tardive pour le public individuel, mais elle le propose pour les clubs sportifs. Et là, se trouve le côté absurde du voeu : la responsabilité incombe à la mairie du 17e d’engager les discussions avec les associations et clubs pour laisser un créneau horaire pour le public individuel.
Plan local d’urbanisme
Nous avons voté lors du dernier conseil un projet de modification du PLU de Paris. Cette délibération contient notamment des mesures destinées à faciliter la mise en œuvre du Plan Climat de Paris, à favoriser le développement durable et la biodiversité, et des mesures en faveur du logement, du logement social et des équipements de proximité. Naturellement, la droite du 17e a exprimé des réserves… et a ainsi justifié son abstention lors du vote en Conseil. Ainsi, la droite continue de s’opposer aux réserves de logements et logements sociaux. En conseil de Paris, elle s’est plainte de ce que le nombre de réserves ait doublé. Les réserves sont des terrains mutables susceptibles d’accueillir des programmes de logements. La droite s’est également plainte qu’il y avait trop de protections patrimoniales à Paris…
Par ailleurs, la modification du PLU a réintroduit les mesures de protection du commerce et de l’artisanat, que le tribunal administratif avait annulé en août 2007 :
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les voies comportant une protection du commerce et de l’artisanat, constituées des axes et pôles commerciaux et artisanaux les plus significatifs en raison de leur diversité commerciale et de leur rayonnement (linéaire de 221 km environ),
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les voies comportant une protection renforcée du commerce et de l’artisanat, constituées des rues présentant un caractère remarquable ou pour lesquelles se manifeste une volonté de réaffirmation de la fonction commerciale des rez-de-chaussée (19 km environ),
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les voies comportant une protection particulière du commerce et de l’artisanat, constituées de rues typiques dont le caractère repose en grande partie sur la présence d’une activité artisanale, notamment dans le domaine alimentaire (21,5 km).
Sinon, dans le secteur Clichy-Batignolles, toute mention d’extension bâtie sur l’emprise du lycée-collège Honoré de Balzac (représentation graphique du développement du tissu urbain le long de l’avenue de la Porte de Clichy) a été supprimé du schéma d’aménagement, répondant ainsi à la demande des associations HELP DP Balzac et de parents d’élèves.
ZAC Pouchet
Nous avons aussi adopté à l’unanimité un voeu demandant qu’une étude soit réalisée pour envisager l’implantation d’une pépinière d’entreprise sur l’un des secteurs d’intervention du programme d’aménagement de la ZAC Porte Pouchet.