Avec le projet des terrains Cardinet, la maire du 17e panique à l’idée qu’autant de nouvelles populations arrivent sur ce qu’elle considère comme son territoire. La ville de Paris ayant signé en 2006 un accord avec l’Etat pour que ces terrains accueillent 50% de logements sociaux, la droite du 17e et Mme de Panafieu n’ont eu de cesse de s’opposer à cet accord, et à ce qu’ils estiment être un crime de lèse-majesté. Pourtant ils ne peuvent ignorer les besoins immenses en matière de logement, notamment en ces temps de crise.
Aujourd’hui, ils franchissent la ligne rouge en lançant une manoeuvre polémique et partisane en utilisant les moyens et les fichiers de la Mairie du 17e pour diffuser leur message, ce qui est rigoureusement proscrit par la CNIL. Ils essayent de diffuser via les moyens de la mairie une parodie de pétition dénonçant le soi-disant massacre des Batignolles parce qu’il y aurait quelques immeubles de 50 mètres prévus dans le projet et que la ville de Paris envisage de réaliser 55% de logements sociaux pour compenser la perte de logements due à la venue du TGI.
Ils affichent une imagerie mensongère montrant 10 tours noires plus grandes que le futur TGI. Ils ont mis en ligne puis enlever un vote Internet où l’on pouvait uniquement voter dans leur sens !!! Pour signer, les pétitionnaires n’affichent que leurs prénoms : on se demande pourquoi…
En fait, la maire du 17e veut faire croire que construire du logement social, c’est amener la délinquance et la banlieue qu’elle méprise dans ses discours. Elle cherche à stigmatiser le logement social et surtout ses occupants, ce que je trouve méprisable et irresponsable. Il s’agit là de malhonnêteté intellectuelle ou d’une profonde méconnaissance de la réalité sociale de notre pays et de la crise du logement qu’il vit. En agitant le chiffon rouge, la droite recourt à toutes les ficelles électorales pour instrumentaliser le débat et occulter les problèmes de fond : l’incapacité du gouvernement et de sa majorité à soutenir la construction de logements pour répondre à la crise que subit de plein fouet nos concitoyens.
Les faits du logement social à Paris et dans le 17e sont les suivants :
- 72 % des ménages parisiens sont éligibles au logement social, c’est-à-dire les personnes les plus défavorisés jusqu’aux classes moyennes.
- 6 000 demandeurs de logement social sur le 17ème, plus de 115 000 sur tout Paris
- Aujourd’hui, le 17e arrondissement compte 12 % de logements sociaux alors que la loi fixe comme objectif 20 %
C’est donc faire peu de cas des problèmes pourtant réels et quotidiens de nos concitoyens dans ce domaine. D’ailleurs, Mme de Panafieu a reconnu dissuader des habitants de monter un dossier de logement social dans le 17e, car il n’y en a pas assez… De l’autre côté, lors du projet de loi du Grand Paris, la même Françoise de Panafieu a déposé un amendement qu’elle a fait voté en catimini supprimant…. un passage du texte qui imposait aux villes bénéficiant des futures gares du Grand Huit de construire davantage de logements sociaux. Pour autant, elle n’a pas osé prendre la parole dans l’hémicycle pour le défendre : on la comprend…
Mais le plus drôle, enfin le plus pathétique, ce sont les propos d’un des signataires de la pétition de Mme le Maire, qui est également élu de droite dans le 17e, et ceux de Mme le Maire :
« Nous proposons donc de mettre les tours au coeur de notre nouvelle stratégie de développement. Il s’agirait de tours de grande hauteur, voire de gratte-ciel, sans dalle qui les coupe du reste de la ville, mixant les activités de logement, bureaux, services collectifs, notamment garde d’enfants, magasins ouverts tard le soir, comme cela se fait déjà dans les grandes villes européennes« paru dans le Monde daté du 03 juillet 2008, signé – entre autres – par Monsieur Coudert, conseiller de Paris et du 17e…
Interview de la Maire du 17e sur FRANCE 3 PARIS ÎLE-DE-FRANCE CENTRE, 19/20 ÉDITION PARIS ÎLE-DE-FRANCE – Le 03/12/2009
JEAN-JACQUES CROS (journaliste) : Alors prenons les problèmes les uns après les autres. Les tours … Parce qu’en principe, vous êtes plutôt favorable. En tout cas l’UMP est plutôt favorable aux tours à Paris.
BRIGITTE KUSTER : « Nous sommes en effet sur des tours de très grande hauteur avec les moyens financiers adjacents, comme ce sera le cas pour le tribunal de grande instance, une tour de très grande hauteur. Nous savons très bien que sur des tours de cinquante mètres – et surtout si l’on fait de l’habitat social -, les bailleurs sociaux ont un budget à respecter et qu’ils ne pourront pas en plus respecter les normes HQE, les normes environnementales.«
Il est vrai que par contre pour les tours de 200 mètres qu’ils veulent à la place des immeubles de 50 mètres, les performances environnementales seront respectées beaucoup plus facilement
En fait, ce ne sont pas les immeubles de 50 mètres qui les gènent, ils voudraient des gratte-ciels mais sans les populations indésirables des logements sociaux : salauds de pauvres ! Il n’y a qu’à regarder les commentaires plus que limites de leurs signataires qui doivent être majoritairement affiliés à l’UMP.
Et bien, en ce qui me concerne, je défendrai bec et ongle cette volonté de répondre aux besoins de nos concitoyens. J’ai moi-même pu bénéficier de logement social à une époque de ma vie, et heureusement, car je n’aurais jamais pu payer les tarifs du privé, et je n’étais pas à Paris… Je ne suis pas – a priori – une délinquante et je crois être une citoyenne respectueuse de notre République.
Ce projet est ambitieux : non seulement il permettra d’améliorer la situation du logement dans notre arrondissement, mais ce quartier sera construit autour d’un magnifique parc, lieu de convivialité, dont chacun connaît déjà le succès. Il y aura également des activités commerciales et économiques, des services de proximité, des écoles, des crèches, des lieux de convivialité, des commerces de proximité…
Certes, il y a encore des éléments dont il faut s’assurer et travailler : notamment les transports. Malheureusement, là encore, la droite a voté un texte de loi avec le Grand Paris qui n’évoque même pas le prolongement de la ligne 14 ou l’amélioration de ligne 13, ni aucun des projets de la Région et du STIF pour améliorer les transports en commun en Ile-de-France. C’est scandaleux !
Quand je vois les méthodes utilisées par la droite du 17e, les propos qu’ils tiennent et la mauvaise foi dont ils font preuve, je suis particulièrement fière d’être de gauche et de défendre la justice sociale. La Maire du 17e qui se gargarise du terme « solidarité » oublie la première des solidarités : garantir un toit à chacun !