Répondre à la crise du logement, notre priorité

Une situation dramatique

On compte 3,5 millions de mal-logés en France. Près de 600 000 enfants sont victimes de non-logement ou de mal-logement : 18 000 enfants sont SDF et plus de 2 000 vivent dans des habitats de fortune (cabane, construction provisoire). Plus de 255 000 enfants souffriraient de « surpeuplement accentué ». Les autres vivent dans des squats, des hébergements d’urgence, des habitats insalubres menaçant leur santé.

Récemment, le comité de suivi de la loi Dalo (droit au logement opposable), entrée en vigueur en janvier 2008 et permettant aux personnes mal-logées d’être reconnues comme prioritaires et devant être logées d’urgence, a rendu son rapport annuel. Il s’alarme du retard pris par le dispositif malgré sa montée en puissance. Ainsi, 14 000 ménages prioritaires ne se sont pas vus proposer de logements par les préfets, dont 12 500 en Ile-de-France et 10 000 rien qu’à Paris, des chiffres en augmentation constante. L’Etat se retrouve de fait hors la loi.

Il manque actuellement 900 000 logements, alors  le parc ne s’est accru que de 1,2 % en 2009, pour atteindre un total d’un peu plus de 33 millions de logements. D’après l’INSEE, ils se répartissent entre 84 % de résidences principales, 9,6 % de résidences secondaires et de logements occasionnels, et 6,4 % de logements vacants. Les maisons individuelles  représentent 57 % des logements et le collectif 43 %.  57,2% des ménages sont propriétaires de leur résidence principale et 37,5 % sont locataires (20,4 % dans le secteur privé,  17,1 % dans le secteur social).

La situation des ménages face au logement devient de plus en plus injuste. Si le coût du logement absorbe en moyenne 27 % du budget des ménages, ce pourcentage monte à 39% chez les ménages à faibles ressources, contre 34 % en 1996. Entre 1996 et 2006, les loyers des ménages les plus modestes ont progressé de 42 %, tandis que ceux des autres ménages augmentaient de 28 %. Le taux d’effort des ménages est de plus en plus lourd dans le parc locatif privé, et ce phénomène est particulièrement exacerbé en Île-de-France et à Paris, où les prix explosent.

A Paris, les contraintes sont spécifiques : densité élevée du bâti, taille limitée des logements, rendant le parc d’habitation peu adapté à l’accueil des familles, érosion du parc locatif privé. Paris reste pour autant très attractive pour de nombreux ménages (76 000 Parisiens de plus, parmi lesquels 10 000 familles) du fait de son taux d’emploi élevé. On observe un accroissement net de la demande de logements dans le coeur de l’agglomération, qui n’émane pas que des Parisiens. On aboutit donc à une éviction croissante des couches populaires et moyennes du logement locatif privé parisien, mais également à l’augmentation du taux d’effort des ménages qui restent : pas loin du quart de leurs revenus consacré au logement, presque le double de celui constaté au niveau national !
D’après l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France, les loyers moyens sur le marché locatif libre y sont compris entre 17 et 21 /m2. Inacceptable pour les plus modestes qui doivent alors vivre dans des conditions dramatiques, s’ils ne peuvent accéder à un logement social. Inabordable pour les ménages des classes moyennes qui sont condamnés à des choix résidentiels soit coûteux, soit insatisfaisants.
Quant à l’immobilier, les prix pulvérisent les records : à Paris, 7 030 /m2 en moyenne (+ 13,8 % sur un an) ; 5 220 /m2 à La Villette (19 e), 11 590 /m2 à Odéon (6e). Dans le 17e, la moyenne est de 8 112 €/m² dans une fourchette allant de 5 939 € à 10 397 €. La banlieue connaît les mêmes phénomènes inflationnistes : 4 030 /m2 en moyenne en petite couronne, 2. 990 /m2 en grande couronne, et les heures et frais de transports qui s’ajoutent.

Les catégories intermédiaires souffrent et les classes populaires sont hors jeu ne pouvant elles prétendre acheter. Les seuls qui s’en sortent bien, sont les plus riches qui peuvent acheter à des prix exorbitants et conforter leur patrimoine, voire spéculer aux côtés des sociétés spécialisées. La dernière mode est d’acheter des logements pour les louer ensuite à la semaine aux touristes à des prix faramineux, et ce, en toute illégalité. Cela va mal, la crise est là mais pas pour tout le monde. Alors que la situation économique devrait a priori faire baisser les transactions immobilières, c’est le contraire qui se produit et conduit le marché à la hausse.

Un Etat démissionnaire

Pourtant, dans ce contexte particulièrement critique, le gouvernement Sarkozy mène une politique du logement tournée uniquement vers les plus riches. Grâce à l’investissement locatif Scellier, les propriétaires investisseurs se voient rembourse par l’Etat plus du tiers du prix d’un logement neuf mis en location, cette location ne concernant le plus souvent que des foyers aisés au vu des prix élevés. Monsieur Sarkozy veut une France de propriétaires, et n’entend favoriser que ceux qui en ont les moyens. Dans la loi de finances pour 2011 et la loi de programmation 2011-2013, les mesures sont particulièrement sévères pour l’offre de logement social :

  • Chute inexorable des crédits dédiés au logement : de 800 M€ en 2008 (sans plan de relance), puis à 720 M€ en 2009 (avec plan de relance), à 630 M€ en 2010 (avec plan de relance) pour atteindre 427 M€ en 2011 (fin du plan de relance) ;
  • Chute des subventions de 20% pour les PLUS, et 10% pour les PLAI. Et si le gouvernement prévoit 10 000 PLI supplémentaire en 2011, c’est qu’il ne les finance pas. Il en résulte que les opérations de production seront difficiles à équilibrer ;
  • Baisse des crédits à la personne: 5 277 M€ en 2011 contre 5 361 M€ en 2010 et 5 496 M€ en 2009 ;
  • Enfin, les offices HLM se verront taxés généreusement de 245 M€ pour payer la dette de l’Etat vis-à-vis de l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine).

Des élus parisiens volontaristes

De son côté, la majorité municipale de Bertrand Delanoë s’emploie depuis 2001 à améliorer l’offre tant quantitativement que qualitativement. Ainsi, en 2001, les logements sociaux représentaient 13 % de l’offre globale de logements parisiens. Nous en sommes aujourd’hui à plus de 17%. Au total, ce sont déjà près de 50 000 logements sociaux qui ont été financés par la municipalité entre 2001 et 2010.

Les élus de gauche parisiens ont adopté en novembre dernier son Programme Local de l’Habitat 2011-2017 (PLH). Ce plan ambitieux prévoit de financer 30 000 logements sociaux d’ici 2016, dont 30 % de logements en PLAI, 40 % en PLUS et 30 % en PLS . Cela représente 6600 logements sociaux financés par an jusqu’en 2014, avec l’objectif de poursuivre cet effort sur la période 2014-2016. La ville devrait ainsi atteindre dès 2014 le minimum de 20% exigé par la loi pour 2020, mais également atteindre bien avant l’heure l’objectif fixé par le schéma directeur de la Région Ile-de-France de 25% de logements sociaux d’ici 2030.

La majorité parisienne oriente clairement sa politique en direction de l’ensemble des catégories de ménages. 72 % des Parisiens sont éligibles au logement social (PLAI/PLUS/PLS), et l’essentiel des classes moyennes relèvent soit du PLUS, soit du PLS. Il s’agit d’adapter et développer le parc en termes de taille de logement, de qualité et d’accessibilité pour répondre à la diversité des besoins des Parisiens : familles,  jeunes actifs (2 500 places prévues sur 2011-2016), étudiants (3 000 places prévues sur 2011-2016), personnes âgées ou encore personnes en situation de handicap (1 500), hébergement d’urgence (2 000 places). Aucune catégorie ne sera « oubliée ».

Au-delà du développement de l’offre, la Ville s’engage aussi sur la qualité des logements en aidant financièrement les Parisiens qui le souhaitent à réaliser des travaux d’isolation énergétique et phonique et en poursuivant ses efforts de requalification de l’habitat dégradé.

 Le 17e en pleine évolution
Dans le 17e, entre 2002 et 2009, le nombre de logements sociaux a progressé de 7 841 à 9 103 logements SRU. L’arrondissement reste fortement déficitaire en logements sociaux avec seulement 10,3% contre 15,6% à Paris. Notre volonté est donc clairement de renforcer l’offre de logements sociaux, notamment familiaux.

Dans l’ouest, nous soutiendrons les projets visant à redonner une fonction « Logement » à d’anciens immeubles transformés au cours du temps en immeubles de bureaux. L’acquisition-transformation d’immeubles d’institutionnels ou du parc social de fait sera poursuivie, et nous continuerons notre action de réhabilitation du parc existant vieillissant, notamment en améliorant leur performance énergétique. Nous poursuivrons également les programmes d’aménagement des secteurs Cardinet-Chalabre, Clichy-Batignolles et Saussure (en tout 3 385 logements privés et publics) et le programme de réhabilitation du GPRU de la Porte Pouchet (conservation et réhabilitation de la tour du Bois-le-Prêtre, démolition de la tour Borel isolée et trop proche du périphérique et de la travée nord de la barre Borel trop exposée au bruit, relogement des habitants dans les nouveaux logement rue Pierre Rebière). Par ailleurs, les 13 emplacements inscrits au PLU et réservés pour du logement devraient permettre de construire plus de 350 logements. Aux Epinettes, l’opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) concerne 975 immeubles et 18500 logements, et se poursuivra.

La droite du 17e de son côté s’acharne systématiquement contre le logement social, déposant voeux sur voeux pour demander de diminuer les programmes, tentant d’effrayer et de monter les habitants les uns contre les autres, distillant rumeurs et affabulations, stigmatisant les locataires de logements sociaux comme s’ils étaient des délinquants, rayant les micro-opérations réparties sur tout l’arrondissement, se moquant ainsi allègrement des 6 000 demandeurs du 17e et voulant de fait exclure du 17e les familles modestes.

Pour notre part, en tant qu’élus de gauche, nous continuerons sans relâche à tout faire pour garantir la mixité dans notre arrondissement et y maintenir les classes populaires et moyennes dans du logement de qualité.

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